Cette fiche pratique est née d’une discussion a priori anodine au sein de mon coworking….Je vous redonne le contexte.

Je collabore avec des cabinets de conseil. 

Le temps du consultant, du chef de projet, est rythmé par celui du planning projet (Gantt ou autre). Ce document, véritable fil rouge, évolue au gré du projet. Il doit permettre d’anticiper les risques identifiés pour clôturer le projet en temps et en heure par rapport à l’objectif fixé. Le principal inducteur de temps pris comme référence est celui du changement technologique c’est à dire le temps nécessaire pour modifier un processus dans une entreprise (ex: nouveau système d’information, nouveau produit, nouvelle orientation stratégique etc…). Il y a peu ou pas de place dans ce dispositif pour prendre en compte le temps du changement humain c’est à dire le temps nécessaire pour que les résistances au changement soient levées et qu’une personne en intègre les implications. Bien sûr, dans la gestion de projet on vous parlera de phase de « on-boarding », de motivation des équipes, de sens. C’est tant mieux tout en étant insuffisant car dans bien des cas, l’appréhension du changement reste intellectuelle, et non émotionnelle ou même corporelle.

Il est fondamental d’entériner que  le temps du changement humain est plus long que le temps de changement technologique et qu’il nécessite une autre posture que celle de consultant. Raison pour laquelle, on voit apparaître de plus en plus dans les projets de transformation le couple consultant – coach.

Lors de mes collaborations avec les cabinets de conseil, deux postures dans l’accompagnement au changement se confrontent donc. Elles sont bien entendu complémentaires. Il ne s’agit pas, comme dans bien des cas, de faire du OU mais bien du ET. La complexité, réelle, réside dans l’articulation entre le travail du consultant et du coach, puis la communication avec le client. C’est cela que nous travaillons ensemble avec les cabinets de conseil.

Bref…j’en discute avec un ami, au coin café (aaaaah…le coin café!), qui me dit: « c’est encore le PFH qui a frappé! ». Je plisse un oeil, désarçonné, et lui demande ce que veut dire cet acronyme. Il me répond goguenard que cela correspond à « Putain de Facteur Humain » et que c’est une expression qu’il a entendu auprès d’un copain. Je me marre et lance à l’envolée que j’en ferais bien un article. Oui mais voilà! En creusant, je tombe sur une littérature abondante sur le sujet bien loin d’une simple anecdote de comptoir…

Le terme serait une expression usuelle québecoise pour nommer l’incapacité de l’être humain à engendrer le changement alors même qu’il en comprend intellectuellement la nécessité. Hubert Reeves y fait maintes fois référence pour expliquer l’inertie face aux changements climatiques ( cf.  extrait vidéo ci-dessous). Vous y entendrez une phrase qui a résonné pour moi, à savoir: « On ne passe pas [entendre aisément] de ce que l’on sait à ce que cela implique ». Il y parle de résistance pour les humains à regarder les choses et préconise deux axes: dire la vérité sur la réalité de la situation ; ne pas décourager par un discours fataliste. Ce sont effectivement deux axes importants.

Il en existe d’autres qui font partie de l’arsenal du coach pour appréhender les résistances au changement alors même que le coaché a parfaitement compris la nécessité de changer (ça peut même faire partie de sa demande de coaching). Je citerai une approche connue, issue des travaux de Elisabeth Kübler Ross (The Five stages of Grief – les cinq étapes du deuil) puis prolongée par ceux de Brain Technologies Corporation dans la stratégie du dauphin, qui permet de faire le deuil d’une situation passée pour accueillir du « nouveau » et effectuer une percée, appréhender le changement pour en faire une voie vers la performance.

Alors, le PFH est bien présent dans l’accompagnement au changement. La bonne nouvelle c’est que les leviers sont existants pour s’en emparer. Il n’y a pas de fatalité mais une belle opportunité à saisir à travers le coaching professionnel.

A votre disposition pour aller plus loin et… »Vive le PFH » après tout!